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Lettre de Liaison 153
28 septembre 2026
Espérance pour les Enfants de Gaza
Vous qui nous lisez, vous savez que ceci n’est pas une Lettre hebdomadaire ou bimensuelle. Tout au plus mensuelle ou bimestrielle en période critique. Si nous avons décidé de vous envoyer une seconde Lettre ce mois de septembre 2026, c’est qu’il y a urgence, sans précédent, et que nous pouvons agir, au-delà des positions et points-de-vue individuels.
Il n’y aura donc aucun essai d’analyse générale ici, et rien qui relève de l’interprétation des causes et des rapports de forces géopolitiques. C’est que le temps, chacun, nous est compté. Qui peut dire, d’entre nous, de combien de temps il dispose vraiment ?
Avoir des amis à Gaza, c’est ne pas avoir cessé de trembler intérieurement pour eux, chaque jour. Tout silence prolongé pouvant être signe de mort violente. Vivre ainsi plus de trois ans, plus de mille jours, mille nuits – mille quatre-vingt huit, si vous vous demandez…
Quand le monde devient gris, la terre ici, les ruines là-bas, autant se taire. Aller à l’essentiel. Et s’il est tard, trop tard (?) pour tant d’adultes calleux, cyniques, hostiles – à quoi bon polémiquer ? – tout faire pour aider les enfants.
Ce ne sont, chacun, ni des chiffres, ni des statistiques. Pour leur redonner un peu d’espoir, de confiance, les reconnaître, les accepter, comme nôtres. Qu’ils ne se sentent pas abandonnés du monde entier. Leur rendre leur nom, leur visage.
Ils sont retournés à l’école pour la première fois depuis septembre 2023.
Trois ans sans école, sous les bombes, les missiles, sur les routes, d’un camp à un autre. L’école aujourd’hui ? Ce sont
beaucoup de tentes avec cinquante enfants ou plus, assis par terre, et deux classes en même temps.
Voici Zara, sept ans. Son père travaillait dans un centre commercial. Il a été tué par un tir en juillet 2025, alors qu’il se rendait à un poste américain de distribution d’aide. Il voulait rapporter du pain.
Mustafa et Tasneem (tout en haut de la page à droite), vous les voyez sur le chemin des classes – Tasneem au jardin d’enfants, Mustafa en CE1. Leur père a été tué en octobre 2023, dans un bombardement, alors qu’il marchait dans la rue. Ils vivent avec leur mère sous une tente.
Wateen, sous Yara, a quatre ans. Son frère, Moath, cinq ans. Leur père était chauffeur de taxi. Inutile de dire qu’il n’y a plus de taxis à Gaza ?

Enfin, le septième, en jaune (photo en bas de la page), c’est Hassan, six ans, dont le père était appariteur en faculté. C’est simple, lumineux. Leurs sourires, à Mustafa et Tasmeen sur le chemin de l’école, à Yara, Wateen et son frère Moath, nous sont adressés, photographiés par notre ami Nour. Le père de Nour, vous l’avez vu dans la Lettre de juillet. Il enseignait la littérature anglaise du dix-neuvième siècle, à l’université (rasée fin 2023).
Le guetteur, Mahmoud, neuf ans, sur la première photo (tout en haut de la page), est le fils d’un pharmacien.
Pour que vous sachiez : il y avait des chauffeurs de taxi, des enseignants, des vendeurs, des appariteurs, des pharmaciens, des mères de famille dévouées à leurs enfants – et qui le restent. Tous ils sont sans ressources depuis trois ans, sans perspectives.
Parrainer un de ces sept enfants, cela pourrait se faire à raison d’un euro par jour, simplement. Comme un trait d’union.
Parti du cœur, sans plus. Dites-nous ce que vous en pensez.
Pour retrouver un autre niveau d’énergie, ensemble.


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